Au Burkina Faso, comme dans beaucoup de pays africains colonis?s, la place des langues est un sujet sensible. Apr?s les ind?pendances, c'est souvent la langue du colonisateur qui est devenue officielle alors que les langues nationales, innombrables, n'ont pu pr?tendre ? un statut privil?gi? et restent marginalis?es. Dans les pays mais aussi dans les ?coles, s'est construit une tension entre le rejet et le d?sir d'apprivoiser cette langue de l'autre, ? la fois ?trang?re et famili?re, prestigieuse et barbare mais dans tous les cas imposante. Dans le cas du Burkina, il est aussi difficile de ma?triser le fran?ais que de le rejeter totalement. En effet, la langue, outre sa fonction ?ducative et administrative, remplit ?galement une fonction de communication, ? l'int?rieur du pays et au del? de ses fronti?res. Il y a ainsi un d?s?quilibre entre les langues indig?nes et les langues du colonisateur.