Dans la p?riode qui va du r?gne de Philippe IV le Bel (1285-1314) ? celui de Louis XIII (1610-1643) la royaut? fran?aise se transforme d'une monarchie aux accents ?seigneuriaux? en une monarchie presque souveraine o? tous les habitants deviennent les sujets de ?Sa Majest??, titre aux accents romains officialis? sous Henri II. Le parcours qui m?ne vers cette suj?tion se trouve cependant ?tre balis? de sentiments. Tant que le pouvoir royal n'est pas encore bien en selle, il exploite pleinement le th?me de l'affection: le roi est le pater patriae ou le ?p?re? qui aime ses sujets et qui les consulte volontiers dans les assembl?es de notables et dans des ?tats, provinciaux, r?gionaux ou g?n?raux. L'affection atteint son apog?e dans l'assembl?e de notables de 1506 o? les d?put?s conf?rent ? Louis XII le titre de ?p?re du peuple?, qualification qui est ressass?e ? l'infini par la machine propagandiste: le roi de France est le ?p?re? de ses sujets. L'?tiquette ?p?re du peuple? ne sert cependant qu'? masquer des vell?it?s centralisatrices et autoritaires, car le ?p?re? de la bienheureuse famille fran?aise se souvient du statut du p?re dans l'Ancien Testament et de celui du pater familias de l'Empire romain. Ces p?res-l? voulaient ?tre ob?is. L'issue est pr?visible. D?s que le principe de la souverainet? du roi s'est impos?, les rois de France abandonnent le th?me de la paternit? affective qui leur a rendu de si bons services et, sauf rare exception, ils refusent d'inviter encore leurs sujets bien-aim?s ? venir discuter de probl?mes touchant ?le roi et le royaume?. La voix du peuple a beau ?tre la voix de Dieu, toujours est-il que les assembl?es de notables et, ? fortiori, les ?tats g?n?raux sont des obstacles incommodes et incontr?lables. Cela d?pla?t fonci?rement au roi de France qui r?gne par la gr?ce de Dieu et qui n'a des comptes ? rendre qu'? Lui. Tous les habitants du royaume - et peu importl#‰