Les musiques collectives jivaro montrent des formes o? les participants ne cherchent pas de fusion. Ne pas chercher ? se ressembler est la condition de r?alisation de ces rituels, un ph?nom?ne unitaire. L'incoordination sonore est recherch?e, ma?tris?e. Les musiques jivaro nous proposent une esth?tique de l'h?t?rog?ne. La premi?re partie pr?sente les Jivaro et leurs musiques. La deuxi?me partie pr?sente les dialogues rituels masculins, les f?tes, en polymusique multiple. Enfin, le rituel agraire Uwi d?voile une h?t?rophonie o? les sources se m?lent indissolublement. La derni?re partie d?voile le rituel masculin d'initiation, puis les choeurs f?minins ujaj, qui r?alisent une h?t?rophonie particuli?re, un ruissellement sonore en cascade. L'h?t?rog?n?it? sonore des musiques collectives jivaro prend donc de multiples formes, dans lesquelles nous croyons voir une esth?tique de l'h?t?rog?ne. En conclusion, on mettra en vis-?-vis des soci?t?s h?t?rophoniques non centralis?es o? l'unisson social est un h?t?rog?ne sonore face ? des soci?t?s polyphoniques centralis?es o? les conflits sociaux s'expriment dans l'unisson musical.